mardi 9 août 2011

Je reprends le blogue, le temps de lancer une campagne pour que "l'Homme de l'année 2011" de Time Magazine soit Tarek Mohamed Bouazizi, surnommé Besbouss, de Sidi Bouzid en Tunisie. Qui ça? me diront les mémoires courtes. Ce jeune chômeur et vendeur à la sauvette, en s'immolant par le feu sur la place de son coin perdu du Maghreb, a déclenché le phénomène de loin le plus significatif de l'année en cours, possiblement de la décennie. Il serait génial et fortement symbolique qu'un véritable héros (même involontaire), issu du petit peuple d'un petit pays et n'ayant pas hésité à payer de sa personne, soit reconnu plutôt qu'une de ces personnalités du monde "avancé", souvent ambiguës et toujours hypermédiatisées et gonflées d'ambition personnelle, qu'on s'obstine à glorifier chaque année. Pour plus de détails sur Bouazizi, voir l'article de Wikipedia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mohamed_Bouazizi).
Il est vrai que son sacrifice a eu lieu en décembre 2010, mais d'une part, il est décédé le 4 janvier 2011, ce qui le rend techniquement éligible; d'autre part c'est cette année que son geste a eu tout son impact. Non seulement en servant de déclencheur et d'icone inspiratrice au "printemps arabe", mais en insufflant à d'autres peuples floués par leurs politiciens au bénéfice des puissances financières le courage d'entreprendre des manifestations massives et prolongées dont un thème majeur, inédit à cette échelle depuis au moins 1968, est la légitimité même des gouvernements en place.
Voici les grandes lignes que j'envisage à l'"Opération Besbouss". En premier lieu, que ceux que ça interpelle forment un "comité de campagne" virtuel et international, auquel nous inviterons à se joindre tous les personnages de poids auxquels nous pouvons avoir accès: femmes et hommes politiques, syndicalistes, intellectuels de renom, chefs religieux (mais oui, pourquoi pas?), journalistes, écrivains et artistes, etc. Nos amis qui ont des contacts dans le monde arabe et musulman pourront essayer d'y trouver des partenaires influents, capables de susciter une vague publique de soutien à l'initiative. Dans un second temps ou en parallèle, il faudra mettre sur pied un site Web, une page Facebook, un blogue, une liste de distribution, etc. pour donner à la candidature le plus de visibilité possible et susciter des adhésions populaires. La troisième phase consistera à utiliser les médias traditionnels et numériques, les tweets, le courriel, des pétitions virtuelles ou réelles pour bombarder Time Magazine d'interventions de toutes sortes et de toutes provenances en faveur de la candidature.
L'idée derrière cette action est moins de porter aux nues un individu que de mettre en évidence les aspects populaires, citoyens et spontanés du mouvement qu'il a déclenché. Que cela se fasse par la voie d'un des organes de presse les plus représentatifs des élites "mondialisantes" en place ne fait qu'ajouter du piment à l'affaire.
Pour le reste, rien de bien extraordinaire dans nos vies. Nous sommes toujours à Montréal, dans le confort de notre résidence pour "retraités actifs". Nous avions l'intention d'aller au spectacle de la Saint-Jean au Parc Maisonneuve tout près, mais il tombait des clous le soir du 24 juin, si bien que nous avons regardé le show (très bon, Charlebois en forme et Claude Gauthier émouvant dans "le Plus beau voyage") à la télé.
Deux ou trois saucettes dans l'ambiance du Festival de jazz, toujours aussi joyeusement animé mais un peu raide pour les vieilles jambes, avec tous ces travaux de voirie du côté de la Place des Arts, Plusieurs spectacles sympas sur les scènes externes, mais pas de grande découverte; un bon récital à la Place des Arts, la chanteuse Ana Moura, qui combine fado et jazz de manière intéressante.
Quelques jours plus tard, après un verre au Cherrier -- c'est vrai qu'on a vieilli, y'a pratiquement plus personne de notre "gang" --, spectacle genre boîte à chansons au P'tit Bar voisin. Une atmosphère qui rappelait notre jeunesse.
Shirley, la veuve de Robert Belaye, a débarqué de son Sainte-Lucie natal pour un mois à Montréal et Toronto. Elle en a profité pour venir prendre un verre et manger à la maison avec sa soeur et trois copines antillaises -- et je vous jure que ça parlait créole!
La Bourse fait de joyeuses cabrioles, mais cette fois j'avais donné instruction à la banque de nous mettre à l'abri avant que ça ne commence. Ouf.
Dans l'intervalle, le Bum chromé a été loué en charter pour le Tour de la Martinique des yoles rondes -- sur les photos que nous en avons reçues, il était déguisé en publicité pour la bière Lorraine, un des commanditaires de l'événement! Plutôt rigolo. La course a été interrompue pendant deux jours à cause du passage de l'ouragan Emily, mais ça s'est bien terminé.
Demain, bouffe avec le cousin Claude Aubin et Cécile, et avec Henri Heusdens et Johanne, un vieux de la vieille de tous les bars et discos des années 1960 à 2000. Ça va placotter ferme sur les souvenirs de l'époque!