mercredi 15 juillet 2009

3 juillet 2009

Jeudi matin, c'est maintenant ou jamais. La trousse d'information de Wimbledon nous commande de prendre le "tube", c'est-à-dire en argot londonien l'Underground ou métro. Après un sérieux débat sur l'opportunité de nous "crêter" pour notre intronisation au cérémonial du All-England Lawn Tennis and Cricket Club (AELTC), nous arrivons à un compromis qui nous paraît optimal: pantalon sport sombre et chemisier blanc décoré de dentelle de Bruges pour Azur, pantalon clair bien pressé, chemise sport ouverte et veste safari en lin écru pour Yves.
Nous descendons profondément sous terre à la station de Marble Arch pour prendre une rame vers Notting Hill et la correspondance vers Wimbledon. À Notting Hill, la cohue est indescriptible, mais nous arrivons quand même à nous insérer dans une rame bondée et surchauffée en direction sud.
Merci aux divinités du tennis, la ligne débouche rapidement à ciel ouvert et un souffle un peu plus frais pénètre par les évents pratiqués dans le haut des wagons. Débarquement en catastrophe à Southfields, où des préposés débordés nous dirigent vers la navette appropriée, direction Church Street, l'entrée principale du stade situé dans un grand parc en assez lointaine banlieue sud.
Le minibus nous dépose non pas sur le terrain même, mais face à une série de pavillons de toile aux façades de verre au tréfond d'un stationnement plutôt bling-bling (rien au-dessous d'une Bentley, d'une Lexus ou d'une modeste Mercedes allongée) de l'autre côté de la route. Bienvenue au Gatsby Club.
L'intérieur, une fois avalée la flûte de champagne ou de kir royal qu'on nous a presque imposée à l'entrée, est bien dans l'esprit du nom: murs, colonnades et balustrades "art nouveau" blanc cassé, décorés de nus stylisés et d'énormes bouquets blanc-vert-indigo (les couleurs du logo de Wimbledon).
Le personnel masculin est en tuxedo-noeud papillon genre années '20, les hôtesses en robes courtes semi-transparentes et bas de soie blanchâtres de garçonnes de la même période, coiffure bouclée semée de plumes d'autruche et maquillage noir profond et rouge sang à l'avenant. La nôtre, qui nous conduit cérémonieusement à notre table réservée, s'appelle "Milly, à votre service pour tout ce qu'il vous plaira tant que vous serez les hôtes du Gatsby Cub". J'ai une passagère envie de la prendre au mot, mais un regard féroce d'Azur m'en dissuade.
Une fois installés devant un plateau d'amuse-gueule et un seau argenté contenant une bouteille de Heidsieck Monopole, nous recevons la visite d'une autre hôtesse, plutôt style maîtresse d'école cette fois. Elle vient nous remettre nos billets pour la séance d'aujourd'hui... et des coupons permettant de récupérer des sacs à dos verts "Wimbledon" dont l'avenir immédiat montrera qu'ils sont loin d'être un luxe.
Un déjeûner excellent mais léger, arrosé d'un saint-amour tout juste frais, se termine à point pour nous permettre de traverser occuper nos sièges réservés à mi-hauteur dans les estrades du court central. Comme le premier jeu des demi-finales dames est déjà engagé, il nous faut attendre en file bien ordonnée à l'entrée de notre section, sous l'oeil vigilant d'un militaire prêté (ou loué?) pour l'occasion à l'organisation du tournoi.
Lorsque le vénérable "honorary steward" en blouson marine et panama qui contrôle les opérations donne enfin le signal, nous pénétrons dans le Saint des Saints du Central Court, nouvellement coiffé de son toit amovible -- actuellement rétracté, car il fait un temps splendide.
En grimpant à nos places, nous constatons de visu ce que la télé nous laissait deviner: tous les spectateurs ou presque sont habillés comme pour une garden-party huppée, femmes en pantalon-chemisier ou en robe, messieurs en pantalon clair et chemise sport ou même complet léger-cravate. On a bien fait de se "crêter".
Comme l'avait promis l'organisation, nous sommes très bien placés, à mi-hauteur des estrades du côté est (donc à l'ombre), vis-à-vis la ligne de service. Assez près pour bien détailler les joueuses, assez loin pour embrasser tout le jeu d'un coup d'oeil.
Le premier set du match Dementieva-Serena Williams vient de commencer, et la Russe en met plein les bras à l'Américaine. Celle-ci, qui se débat comme un beau diable, est plus mince et plus jolie en personne qu'au petit écran, elle fait moins "butch" et plus sympathique.
Autre différence avec un match vu à la télévision, en direct nous avons droit à tout le ballet bien réglé du personnel de terrain: juges de ligne, arbitre, superviseurs, coureurs de balles et préposés divers, chacun avec son uniforme spécifique et sa fonction détaillée comme du papier-musique.
À chaque changement de côté, une bonne partie de ce beau monde se déplace à la file indienne selon un rituel assez rigolo.
Deux préposés se hâtent de déployer des parasols bleus et verts au-dessus des sièges des joueuses. Lorsque vient le moment des balles neuves, ils se mettent à quatre pour en ouvrir deux boîtes qu'ils font inspecter par un superviseur et par l'arbitre avant de les faire rouler une à une le long des lignes vers les coureurs de balles.
Nous sommes gâtés pour ce premier match, qui dure trois longs et très bons sets. Dementieva gagne le premier, Serena sauve de justesse le second, puis semble en voie de perdre le dernier qu'elle finit par emporter in extremis.
Après deux heures et demie assis sur d'assez confortables mais quand même étroits sièges basculants, nous cédons à la tentante invitation d'un "four o'clock tea" au Gatsby Club. Sitôt revenus à notre table du pavillon, on nous sert d'autorité deux pimm's glacés accompagnés de biscuits et de petits fours. Suivent de fines tasses de thé léger et un plateau de sandwiches (mais oui, au concombre sur du pain sans croûte, comme dans les romans d'Agatha Christie). Et pour compléter, des bols de (superbes) fraises fraîches arrosées de crème et saupoudrées de sucre, avec l'obligatoire verre de champagne. Le tout au son d'un trio féminin de jazz pas mal du tout.
Inutile de dire que dans l'intervalle, le second match est bien engagé. Nous constatons sur une des télés dont le pavillon est parsemé que la No 1 Dinara Safina est en pleine déroute, face à Venus Williams. Le temps de retourner à nos places dans le stade, elle a perdu le premier set 6-1 et traîne 3-0 dans le second, après une quarantaine de minutes de jeu à peine. Déçus comme l'ensemble de spectateurs, nous assistons à la fin du massacre, la championne russe ne remportant même plus un seul jeu et perdant son dernier service à zéro.
Heureusement, on enchaîne presque immédiatement avec une bien meilleure demi-finale de double hommes jouée par le Canadien Daniel Nestor avec un partenaire d'Europe centrale, contre deux Américains dont James Blake. Ceux-ci gagnent assez difficilement le premier set et mènent brièvement dans le second, mais Nestor (qui jusque là jouait assez mal, sauvé par le brio de son compère) se ressaisit brusquement et renverse la situation de quelques coups brillants.
Après avoir regardé trois sets spectaculaires, nous décidons de rentrer sur Londres avant que la foule des spectateurs ne quitte massivement le stade. Déjà, il y a une queue interminable devant la station de taxis, à tel point que le répartiteur nous impose de partager une voiture avec un autre couple qui retourne aussi dans la capitale.
Nos compagnons de route sont des Sud-Africains d'âge moyen d'origine indienne, passionnés de tennis, qui sont venus spécialement à Londres pour Wimbledon et qui continuent ensuite sur New-York où ils ont des billets pour l'Open des USA. Pendant la bonne heure qu'il faut au taxi pour nous ramener en ville, nous parlons de tennis, de voyage et de bateau. Et un peu de politique sud-africaine, où le nouveau président Jacob Zuma ne semble pas rallier les opinions, en particulier des minorités.

2 juillet 2009

Dimanche matin, nous avons pris le TGV pour Paris, chargés des grosses valises dont nous aurons besoin pour des semaines d'errance en Angleterre et en Écosse. Coucher dans un (trop?) chic hôtel-appartements de l'Odéon, après un presque inévitable lunch tardif chez Vagenende, le resto centenaire du boulevard Saint-Germain, où nous avions pris notre premier repas parisien il y a bientôt quarante ans, et où nous retournons à l'occasion.
Cela m'a rappelé qu'à l'époque, le repas complet du midi, avec carafe de vin et dessert, y coûtait la somme énorme de sept francs... soit le cinquième du prix d'un simple apéro à la même table aujourd'hui.
Lundi, la copine Gisèle Maia est venue petit-déjeûner avec nous au café du coin, "Les Racines", avant que nous nous mettions en route pour la Gare du Nord, d'où part l'Eurostar qui mène à Londres en passant sous la Manche.
L'embarquement très high-tech, avec contrôle des passeports et haute sécurité, se fait à l'étage au-dessus du commun des voyageurs locaux. Il ressemble bien plus au fonctionnement d'une aérogare que d'une gare ferroviaire, mais l'efficacité et la bonne humeur du personnel en font un exercice sans douleur.
Deux préposées du train, dont une Guadeloupéenne, nous aident à grimper nos lourds bagages à bord. Nous partageons un compartiment avec deux jeunes Qataris, le garçon bouffi et bougon, sa soeur jolie, vive et parlant français. Elle est bientôt engagée dans une conversation animée avec Azur, d'abord sur le shopping parisien, puis sur les villes et pays que toutes deux ont visités. Quand, sans penser à mal, je choisis au menu un mignon de porc au vin rouge, nos jeunes voisins musulmans détournent pudiquement les yeux... et laissent là leur repas inachevé, à croire que je leur ai coupé l'appétit!
La plus grande partie du lunch est consommée tandis que le train parcourt le tunnel sous la Manche, une expérience dont nous attendions bien plus qu'elle ne pouvait livrer: un tunnel, c'est toujours un tunnel, après tout, rien à voir ni à ressentir de particulier. En réalité, c'est seulement au café, quand nous avons débouché sur la campagne anglaise, que le voyage a repris de l'intérêt.
Débarquement sans incidents dans l'immense gare de St. Pancras, où un interminable dédale de couloirs et de trottoirs mécaniques finit par nous mener à la queue pour les taxis.
Ce sont toujours les cabs londoniens typiques, avec l'espace pour les bagages à côté du chauffeur et un immense habitacle arrière meublé de deux sièges et deux strapontins. Le nôtre, contrairement à la tradition toute de noir et de gris, est orange fluo semé de pois blancs. Et toc pour la sobre discrétion britiche! Il nous emmène par un trajet longuet, dont je soupçonne qu'il le complique à plaisir, jusqu'à Marble Arch, le coin nord-est de Hyde Park où se trouve notre hôtel.
Le Cumberland Hotel est une curiosité, pour ne pas dire une anomalie. Dans la coquille d'une immense immeuble victorien qui occupe un coin de rue complet, la chaîne Guoman a aménagé un caravansérail ultra-moderne de plus de mille chambres, dont le hall d'entrée ressemble à une aile de musée, parsemé de sculptures hyper-réalistes et de vêtements totalement "flyés" soi-disant inspirés à une couturière à la mode par le décor ambiant. Il y a trois restaurants, deux bars, une foultitude de salles de réunion et de suites d'affaires sur deux niveaux reliés par des ascenseurs tout en verre.
Par une sorte de tour de passe-passe dû aux proportions? aux textures? à l'éclairage? le gigantisme et la dure géométrie de l'ensemble n'écrasent pas les quelques dizaines d'humains qui y évoluent, cela reste somme toute accueillant.
Une fois l'inscription faite, nous récupérons nos "kits" d'information et de billets pour Wimbledon qui nous attendaient au comptoir du concierge. Un porteur en haut-de-forme pousse le chariot de nos bagages jusqu'à une chambre moderne et élégante, mais plutôt petite. Dommage pour la vue, mais heureusement pour le calme, elle donne sur une cour intérieure.
Une demi-heure plus tard, nous voici dehors à explorer le quartier. L'hôtel est idéalement situé, presque à l'angle de Cumberland Place et d'Oxford Street, la "rue la plus commerçante au monde", en face de l'arc de triomple de Marble Arch qui marque le début de Hyde Park, au voisinage immédiat du "Speakers' Corner", la fameuse tribune libre où se retrouvent tous les dimanches les orateurs londoniens les plus fougueux... et les plus farfelus.
Devant nous descend Park Lane, avec sa collection d'hôtelleries de grand luxe, jusqu'à Knightbridge et Chelsea, le Montparnasse londonien. À gauche, le quartier hyper-aristocratique de Mayfair, truffé d'ambassades et de boutiques de haute mode, à droite la grande avenue menant au très BoBo Kensington.
Le repas du midi sur l'Eurostar nous a laissé un petit creux. Nous nous attablons au premier pub sympa rencontré, le Marlborough Head un peu au nord de Grosvenor Square, et sacrifions à la tradition avec une "pint" de bière chambrée et un fort bon fish'n chips.
En sortant de l'hôtel mardi matin, nous sommes harponnés par un énorme vendeur de billets d'excursion à bord du Big Bus, un "double-decker" à ciel ouvert qui offre des circuits étendus à travers le Londres historique et touristique. Après tout, pourquoi pas? Je n'ai de la ville qu'un souvenir assez vague, n'y étant venu que pour des raisons de travail il y a longtemps, et Marie-José ne la connaît pas. Ce sera une façon comme une autre de nouer ou renouer connaissance, d'autant plus que le billet, assez économique, comprend un trajet en bateau-mouche sur la Tamise.
Nous passons donc une bonne partie de la journée à faire du "bus-hopping" d'un quartier à l'autre, nous arrêtant bien sûr à Charing Cross et à Trafalgar Square (lunch correct sans plus à l'étage d'un pub, le Princess of Wales), mais aussi dans South Kensington et à Westminster, pour admirer le Big Ben et monter à bord du bateau-mouche qui nous ramènera jusqu'au pont de la Tour de Londres en passant devant le London Eye, cette gigantesque grande-roue blanche érigée temporairement pour les célébrations de l'An 2000, et devenue permanente depuis, un peu comme la Tour Eiffel à Paris. De retour à l'hôtel, la télé nous offre les quarts-de-finale de Wimbledon et une fenêtre sur la "Murray-mania" qui est en train de gagner tout le Royaume-Uni -- et sur laquelle je reviendrai plus loin.
Mercredi, petites courses utilitaires, balade en bus londonien (les authentiques "gros rouges" à deux étages, cette fois) dans des quartiers du nord et de l'East End hors des circuits touristiques, première bonne prise de contact avec la "nouvelle cuisine anglaise" dans un charmant pub-restaurant de Notting Hill-Portobello, le Dalbroke Arms, puis re-Wimbledon à la télé, en attendant de nous y retrouver "pour de vrai" demain.

25 juin 2009

Le retour à Montpellier s'est passé sans incident... sauf que nous sommes rentrés un peu plus tôt que prévu, si bien que la brave Ingrid n'avait pas eu le temps de mettre la maison en état. Elle est arrivée en même temps que nous, et s'est empressée de tout dépoussiérer et de remplir le frigo.
Quelques jours plus tard, c'était la soirée de départ de vacances du Club de Presse de Montpellier, qui avait lieu cette année dans un endroit assez particulier: la ferronnerie d'art de Pescatore, au milieu des bâtiments industriels du Parc Aquatechnique de Sète, en bordure de Méditerranée. Le ferronnier a transformé sa maison et son atelier en un original espace d'exposition pour ses curieux et souvent beaux meubles et ornements de fer forgé, et l'endroit sert en même temps de centre de réunion pour des associations. D'autant plus frappant que cela ménage un espace vert et ocre, artisanal et convivial, au beau milieu d'une zone grise bétonnée, tristement industrielle et anonyme.
Le groupe de journalistes et relationnistes languedociens était éparpillé en grappes animées entre un joli parc, le pourtour de la piscine où jouait un orchestre de jazz, une terrasse ouverte sur la cuisine familiale et une salle de conférence fermée à l'étage, à laquelle on accédait par un escalier en colimaçon.
Tout en parlant métier, on dégustait tielles sétoises (tourtes de seiche chaudes), brandade, truite fumée et surtout d'énormes et savoureuses huîtres creuses de Bouzigues que nous ouvrait le producteur lui-même, le tout arrosé d'un picpoul de pinet, d'un muscat sec ou d'un grès de Montpellier. Comme j'étais venu à Sète en train, et que la gare était fermée au moment du retour, c'est un professeur de littérature, aussi collaborateur du journal satirique local, qui m'a ramené à Port-Marianne par le chemin des écoliers. Il avait roulé sa bosse à travers le monde (notamment enseignant en Caroline du Nord pendant quelques années) et avait des opinions -- plutôt conservatrices mais intelligentes -- tranchées sur un paquet de sujets, comme la guerre en Afghanistan et l'avenir des gauches européennes; la conversation s'est donc prolongée pendant pas loin d'une heure dans sa voiture stationnée devant chez nous...
En fin de semaine suivante, intermède martini-quais: Chantal, la nièce de Raymond Marie qui avait fait avec nous une partie du Tour des Yoles l'an dernier, était de passage à Montpellier pour voir sa fille Erica, qui étudie ici. Nous avons profité du beau temps pour aller déguster avec elles un gigantesque plateau de fruits de mer face à la marina de Palavas, à l'Artimon.
Deux ou trois jours plus tard, nous avons appris dans l'Hérault du Jour (quotidien "alternatif" de la région) la mort récente du guitariste gitan Hyppolite Baliardo, frère cadet de Manitas de Plata. Nous l'avions rencontré quand il avait joué pour nous à une fête en l'honneur de l'ami Jean-Pierre Dréan dans un mas camarguais il y a quatre ou cinq ans. Cela nous a incités à appeler son vieux copain Dréan... et en conséquence nous nous sommes retrouvés deux jours plus tard avec lui sur la route du Grau-du-Roi pour une virée à Aigues-Mortes et sur le canal du Rhone.
Lorsque j'ai suggéré de prolonger la visite de la cité médiévale fortifiée par un lunch au vieil Hôtel Saint-Louis, dont nous gardions le meilleur souvenir depuis 25 ans, je suis bien tombé: les patrons actuels sont des amis de Dréan, qui nous ont accueillis à bras ouverts, nous ont plantureusement servi une excellente cuisine régionale, et sont venus s'attabler avec nous pour le digestif.
Puis nous sommes sortis des murailles pour nous embarquer sur la Pescalune, une péniche transformée en bateau-mouche dont le patron était (évidemment!) un autre ami de Dréan. La sympathique balade d'une heure et demie sur les canaux voisins a été marquée par une escale devant les manoeuvres d'une manade camarguaise, commentées en direct depuis la rive par le gardian en chef tandis que son adjointe effectuait le gros des opérations de séparation et de guidage des petits taureaux noirs et vifs, de l'enclos en bord de canal à une route derrière.
Le lendemain midi, dernier lundi de notre séjour à Montpellier, Jean-Pierre est revenu se joindre à nous pour un déjeûner chez les amis du Verdi avec nos voisins du dessous, les Chantefort, dont la fille montréalaise Caroline et son mari Miguel se trouvaient ici avec leur bébé de quelques mois.
Nous avions commandé l'inimitable osso bucco de Mimo, servi sur un risotto jaune et arrosé d'un puissant amarone di Saronno, dont tout le monde s'est délecté. Le repas a été égayé par les nombreux souvenirs de Dréan, conteur émérite et amusant, qui en cinquante ans de vagabonder d'un continent à l'autre, a connu tout le monde et son père...