22 août 2024

Chronique de la hanche (et non du genou, Foglia!)

Visite à la clinique Duval (Boul. des Laurentides à Vimont lundi: deux fois 40 min. d’autoroute en taxi sous la pluie, aller-retour!). Inscription pour prothèse à la hanche droite, examens et tâtons (chirurgien, infirmier, généraliste, physiothérapeute), et conclusion: sans doute opérable, mais pas avant une batterie d’autres tests et exercices à la maison et dans la piscine, donc vers le début octobre… et trois mois de rééduc et convalescence à Montréal après. Ce qui fait que les projets de voyages Martinique et France, visite à Saint-Roch des Aulnaies, croisière en Asie etc. sont repoussés à février 2025 et plus. J’aurai sans doute besoin d’un peu de soutien moral et accompagnement d’ici là. Et la facture: plus cher pour une seule hanche que jadis pour les deux genoux, mais faut c’qu’y faut! Pour me consoler, détour vers Chez Alexandre rue Peel, ce charmant réac d’Alain Creton n’y était pas, mais Daniel et mon serveur préféré le remplaçaient. Excellente crème de champignons, plutôt bon cassoulet mais pas assez mijoté; Marie et Jean doivent se rappeler celui absolument divin que j’avais dégusté dans un relais routier anonyme près de Revel (Roussillon) il y a 15 ans – il avait été mis à mijoter sur feu de bois la veille au soir, sous la garde du gamin ado de la patronne; il y avait passé la nuit blanche, et ça paraissait!

Encore merci à Gen et à François pour la belle balade samedi dans le West Island, un fondant saumon fumé à l’érable et une onctueuse fondue sous la houlette de mémère Suzanne, faut qu’on remette ça! Et que je récupère l’iPad que j’ai oublié dans la bagnole de Vincent, utilisée pour l’occasion. Après-demain, expédition avec Claude Normand (mari de la feue Sonia del Rio) chez les copains Pomerleau à Saint-Jean de Matha, ça va me changer de la — pourtant fascinante — Convention Démocrate de Chicago sur CNN et FOXnews. Je prends aussi des pauses dessin-peinture en journée: crayons de couleur, aquarelles et acryliques, sujets les poissons rouges de la fontaine et les voiles des yôles de la Martinique.

Si qqun connaît qqun qui connaît le fonctionnement des mini-drones (ceux qui filment les rapides favoris de Mathieu au Québec, pas ceux qui bombardent Gaza et l’Ukraine), j’aurais besoin d’un coup de main pour m’y retrouver – la traduction du manuel de l’usager HolyStone du Taiwanais au Québécois en passant par le Yankee (sans doute via une antique version de Google) laisse beaucoup à désirer.

12 août 2024

Réflexion constitutionnelle

Les récentes secousses politiques dans divers pays, notamment en France et aux États-Unis, m’ont incité à réfléchir sur le rôle joué dans nos régimes par les Constitutions, et en particulier par leurs processus d’amendement. D’où ce qui suit.

Les Constitutions nationales varient énormément par la structure, la forme et le contenu, mais leur rôle est toujours le même: fixer les règles qui définissent les relations entre un État et ses citoyens. À cet effet, elles comprennent normalement quatre composantes, parfois distinctes, plus souvent regroupées et amalgamées de façons assez confuses:

  1. Principes fondamentaux. Par exemple: séparation des pouvoirs législatif, exécutif, juridique et informationnel, laïcité des institutions ou religion d’État, «la vie, la liberté et la poursuite du bonheur» aux États-Unis, «liberté, égalité, fraternité» en France…
  2. Structure et organes de l’État. Gouvernement unitaire ou fédération (incluant le partage des pouvoirs entre les niveaux), statut et pouvoirs du chef d’État, régime parlementaire, définition, pouvoirs et obligations des principaux ministères, de la sécurité intérieure et extérieure, des agences gouvernementales, etc.
  3. Droits et devoirs des citoyens: Charte des droits, droit et obligation de vote, service civique ou militaire, sécurité sociale et santé, éducation publique, respect du bien commun et solidarité, organes de la société civile, etc.
  4. Adaptation à des circonstances particulières et à l’évolution des mentalités: orientations sociales, économiques et morales, statut et traitement des non-citoyens, des aînés, droit du travail, droits de reproduction, port d’armes, vie privée et transparence, symboles religieux, etc. 

Le premier élément devrait avoir un caractère permanent; des amendements n’y sont justifiés que dans un contexte d’extrême nécessité et avec l’accord quasi unanime des citoyens.

Le second et le troisième doivent aussi avoir un caractère durable, mais prévoir un mécanisme formel de modification et de perfectionnement en cas de besoin réel, exigeant un fort consensus des institutions et des citoyens.

Le quatrième doit non seulement être modifiable, mais devrait être sujet à des mises à jour périodiques et obligatoires (une fois par décennie, par génération…), selon un processus transparent et démocratique. 

Le «principe» universellement respecté, selon lequel toute modification constitutionnelle doit être soumise aux mêmes règles d’amendement, est clairement nuisible: il n’offre en pratique qu’une alternative entre immobilisme quasi total et changement cataclysmique. On en voit clairement l’effet pervers, entre autres dans les trois Constitutions pourtant très différentes que j’ai personnellement étudiées: celles du Canada, de la France et des États-Unis.

08 août 2024

MYODB contre MAGA, coup gagnant?

Le choix apparemment risqué par Kamala Harris d’un colistier peu connu, gouverneur d’un État déjà acquis à son camp, pourrait s’avérer un vrai coup de génie. Il ne confirme pas seulement le ton joyeux et confiant en l’avenir de la campagne Démocrate («When We Fight, We Win», «We Are not Going Back») pour faire contraste avec l’aigreur agressive et la peur du changement qui dominent le discours adverse; il y ajoute une touche «monde ordinaire» propre à Tim Walz, facilement résumée en deux expressions: (a) «weird»: leurs rivaux sont non pas méchants ou dangereux, ils sont simplement «bizarres», un label ironique (suggérant l’insignifiance) contre lequel Trump et JD Vance n’ont pas de réponse et qui les touche bien plus efficacement que les sombres accusations de l’ère Biden; (b) «Mind Your Own Damn Business!» (MYODB): le slogan apparemment spontané et intuitif, «Mêlez-vous de vos maudites affaires», qui attaque directement la prétention des Républicains et de MAGA d’être les défenseurs des libertés individuelles contre les interventions d’État, alos qu’ils prônent l’interdiction de l’avortement, les restrictions au droit de vote, la censure des lectures dans les écoles... 

Jusqu’ici, les commentateurs ont considéré la remontée dans l’opinion publique du duo Harris-Walz comme une «lune de miel» éphémère. Il faut peut-être commencer à la voir plutôt comme le début d’un tournant décisif dans la course non seulement à la Présidence, mais au contrôle du Congrès, comparable à ce qui s’était passé dans la campagne victorieuse de Barack Obama («Yes We Can!») en 2008. Elle me semble traduire moins l’intérêt envers de nouveaux candidats qu’un changement plus fondamental d’attitude dans l’électorat qui a le potentiel de s’étendre au-delà des seuls partisans Démocrates. Et un tel retournement des mentalités peut rendre moins pertinents les thèmes négatifs majeurs sur lesquels compte le camp Trump: immigration, inflation, insécurité…