25 janvier 2019

Davos 2019

Trump, May, Macron, les Saudis, les Chinois et bon nombre de luminaires industriels et financiers ne sont pas absents de la Mecque capitaliste suisse cette année par choix, ou parce que  Davos a perdu sa pertinence. Ils n'y sont pas venus parce qu'ils étaient trop pris chez eux, à tenter de résoudre des problèmes qu'ils ont eux-mêmes provoqués et pour lesquels ils n'ont pas de solutions. Non pas des problèmes majeurs de cette planète «mondialisée» qu'ils prétendent gérer avec compétence à leur propre avantage, mais des problèmes limités à leurs fief nationaux ou régionaux qui démontrent leur impuissance face aux plus terre-à-terre des réalités nouvelles du 21e siècle.
Ce n'est pas Davos qui devient insignifiant, ce sont les gens mêmes qui ont fait Davos. Le vrai message que cela nous transmet en janvier 2019 est qu'il faut cesser de nous fier sur nos «élites» pour mener le monde et nous y mettre nous-mêmes. «Nous-mêmes», c'est-à-dire la masse des citoyens ordinaires de tous les pays. Comment nous y prendre est, à mon avis, une des tâches majeures auxquelles doivent s'atteler les peuples dans le proche avenir... si nous voulons avoir un proche avenir!

21 janvier 2019

Mme Duceppe

Nous sommes très touchés par la mort de la maman de Gilles Duceppe. C'était la femme du comédien Jean Duceppe, j'ai plusieurs fois été invité à manger chez eux quand j'étais jeune célibataire bohème à mon arrivée à Montréal; plus tard, Azur a joué avec lui au TNM. Des gens merveilleux. Dire qu'elle habitait la tour voisine de la nôtre, sans qu'on soit au courant... et mourir de froid dans un appartement de luxe, quelle atroce ironie! (note: en réalité, elle est morte parce qu'elle est sortie dans le jardin derrière la maison en chemise de nuit en plein hiver, sans que personne ne s'en rende compte) Je ne parviens pas à comprendre ce qui s'est passé. C'est sans doute arrivé pendant que nous faisions le pied de grue dans la bibliothèque du rez de chaussée de la résidence LUX, dans la nuit de dimanche: il y avait une panne du chauffage qui a répandu du monoxyde de carbone dans notre immeuble, nous obligeant à le quitter sur l'ordre des pompiers entre 4 et 9 heures du matin!

Trump et le «branding»

Un des défauts majeurs de M. Trump comme président est que, puisque chez lui tout est dans la façade et l'apparence (le «branding»), c'est là tout ce qu'il regarde chez les autres, en particulier chez ceux qui sont soupçonnés d'être hostiles aux États-Unis: Corée, Chine, Russie... Or ce sont des États qui sont passés maîtres dans l'art de déguiser leurs véritables stratégies.
Le cas de la Corée du Nord est typique. Kim Jong Eun fait semblant de respecter ses engagements envers Trump: fin des tests nucléaires –– dont les experts disaient déjà qu'ils avaient été concluants –– et poursuite de négociations (un second sommet au Vietnam), qui jusqu'ici n'ont mené à aucun résultat concret. En parallèle, il ne se gêne pas pour poursuivre presque ouvertement le développement de son programme nucléaire militaire et pour mener une double offensive diplomatique visant à consolider ses positions avec la Chine et à resserrer ses liens avec son voisin sud-coréen, dans tous les cas en directe contradiction avec les intérêts américains.
Mais cela permet à la Maison Blanche de clamer devant sa base conservatrice des «gains» alors que les spécialistes (de droite comme de gauche), qui évaluent surtout ce qui se passe derrière la façade, sont unanimes à estimer que c'est Kim qui gagne à chaque étape de la relation.

27 décembre 2018

No collusion!!!

La dissolution de la Fondation Trump pour fraude, les peines de prison à Papadopoulos et Cohen, les mensonges de Flynn au FBI, les combines de Manafort, les manoeuvres suspectes de la famille Trump auprès des Russes et des Saoudiens convergent très précisément sur un point. Toutes les enquêtes menées ou provoquées par le procureur spécial Bob Mueller démontrent ce qui paraît maintenant évident, qu'Il y avait aux USA mêmes une véritable conspiration de tout l'entourage du Président avec un double objectif: (a) profiter de la position financière et des relations d'affaires de Donald Trump pour infléchir plus ou moins légalement en sa faveur la campagne à la Présidence, (b) profiter de la campagne de Donald Trump à la Présidence pour favoriser plus ou moins légalement son enrichissement et celui de sa famille.
L'ironie suprême de la chose serait que, comme le clame le Président, les enquêtes échouent sur un seul point: qu'elles n'arrivent pas à prouver la chose même pour laquelle elles ont été déclenchées, une collusion entre la campagne de Trump et les hackers russes pour influencer le résultat de l'élection.
No collusion!!!

Logique trumpienne
Tout le monde parle de "théorie du chaos" quant au style de gouvernement de Donald Trump. Je me demande si la logique trumpienne, ce n'est pas en réalité la théorie du chaos à l'envers: une série de bouleversements majeurs à la Maison blanche dérangent à peine le vol d'un papillon en Amazonie!
Je ne puis que m'incliner encore une fois devant la rigueur intellectuelle de la stratégie de défense du Président des USA: sur la question cruciale de la collusion entre sa campagne et les hackers russes, Donald Trump est forcément innocent puisque non seulement ses accusateurs, mais tous les membres de son propre entourage mentent et que lui seul dit la vérité. Oublions le détail insignifiant que sur tous les sujets possibles et imaginables (y compris celui-là), il a été pris en flagrant délit de mensonge ou au moins d'inexactitude quelque 3108 fois en 600 jours de pouvoir... soit en moyenne cinq fois par jour.

02 octobre 2018

Drôle d'élection...

Par la magie d'une bonne connexion Internet et de l'Apple TV, nous avons passé cette nuit montpelliéraine (because le décalage horaire) à suivre sur grand écran la soirée électorale québécoise à Radio-Canada, comme si nous étions au Québec.
On ne peut qu'être déçu de voir triompher la CAQ, le parti le moins prêt à gouverner, avec le programme le plus vétuste. Mais il faut aussi reconnaître trois résultats positifs:
(a) On se débarrasse d'un régime libéral usé, profiteur et dépassé tant au niveau des idées que des manières de gérer l'État.
(b) La débâcle du Parti Québécois impose non seulement un changement de personnel dirigeant, Lisée en tête, mais une véritable refondation impliquant la reconnection du parti avec le peuple et surtout avec la jeunesse, ainsi que du projet souverainiste avec les besoins réels de la population et l'évolution politique et économique de la planète.
(c) La renaissance, avec la montée en force et en étendue de Québec Solidaire d'une véritable gauche militante, jeune et dynamique qui, malgré ses erreurs de jeunesse, apporte un souffle d'intelligence et d'imagination dans le paysage politique.
La surprise a été majeure face à l'ampleur du changement imposé par les électeurs, mais à la réflexion on peut y trouver trois causes principales: le manque de franchise et de propagande explicative sur la nature et la nécessité de la souveraineté, l'erreur stratégique énorme de chercher la vaine résurrection d'un Bloc fédéral qui n'a fait que diviser les forces en pleine période de crise, enfin le choix aberrant d'un chef vaniteux, inconscient des dangers de la situation dont il héritait et braqué sur son ambition personnelle.
Je faisais déjà ces critiques bien avant la campagne électorale, mais des amis péquistes habituellement lucides (Gilbert Paquette, Jacques Lanctot...) m'accusaient de ne pas être réaliste! On a vu le résultat.
Pour le reste, pas grand-chose à dire du dernier mois, passé à faire la paresse dans le climat plutôt chaud pour la saison du Languedoc. Quelques sorties, un souper gastronomique sous les voûtes du XIVe siècle de La Diligence pour fêter l'anniversaire d'Azur, des moules au roquefort et au cari chez le copain Régis, une virée à Palavas-les-Flots pour renouer avec la Mer de Trenet, quelques scotchs avec le voisin du dessous Chantefort... Et pour finir, une orgie de chansons d'Aznavour après son décès subit hier matin. Nous rentrons à Montréal dans quelques jours, au moins pour attraper la fin de l'Été indien –– s'il y en a un.