13 décembre 2014

Merci, Monsieur Couillard

Je vais sûrement en faire sursauter plusieurs, mais en y réfléchissant objectivement, nous allons devoir bien des remerciements au Premier ministre Couillard et à sa brillante équipe.
a) Ils nous offrent une très pédagogique manifestation de ce qu'est vraiment la démocratie représentative. Parmi les principes fondateurs de ce système que les générations précédentes de politiciens avaient hypocritement dissimulés, l'actuel Cabinet libéral ne se cache pas pour pratiquer au grand jour les deux suivants: le droit des politiciens de gouverner comme ils le veulent une fois élus en se fichant bien des opinions et des volontés du peuple; le fait (précédemment affirmé au Fédéral dans un jugement de Tribunal en faveur de Brian Mulroney) qu'un gouvernement n'a aucune obligation légale de respecter ses promesses électorales ni son programme officiel. Ils illustrent aussi deux autres caractéristiques intrinsèques à la classe politique qui est une composante inévitable du système: la certitude que possèdent ses membres qu'ils connaîssent tout mieux que les citoyens ordinaires et même que les experts dans les différents domaines sur lesquels ils ont la mainmise; le degré auquel ils sont profondément inféodés aux milieux financiers dont ils partagent les idées et les intérêts.
b) S'il en était encore besoin, et bien mieux que ne l'avaient fait leurs plus timides prédécesseurs libéraux sous Jean Charest et surtout les plus «sociaux» péquistes de Pauline Marois, ils sont en train de réaliser une preuve supplémentaire que l'austérité à toute bringue (qu'on la qualifie ou non de «rigueur») n'est pas une solution à la crise: les coupes-sombres tous azimuts ne font rien pour réduire le taux de chômage, ni pour mettre fin à la stagnation de l'économie, ni même pour ranimer la confiance du milieu des affaires – à l'exception évidemment de la haute finance, qui en profite pour engranger des profits qu'elle ira prudemment investir ailleurs.
c) Ils font par l'absurde la démonstration que le peuple québécois tient toujours à son modèle semi-centenaire d'État-providence modeste mais bien implanté. Il est significatif que chacune de leurs attaques frontales contre les institutions et les pratiques existantes a soulevé l'opposition unanime et populaire des acteurs des secteurs concernés: santé, éducation, sciences, régions, monde municipal, organismes solidaires et coopératifs, parents de jeunes enfants, etc.
d) S'il persiste encore un peu, M. Couillard aura déclenché (contre lui-même, c'est vrai, mais ça c'est son problème, pas le nôtre) un magnifique mouvement de ressoudage d'une solidarité politique, sociale et culturelle québécoise que les deux dernières décennies avaient mise à mal, malgré le remarquable sursaut des «carrés rouges» et des casseroles de 2012.
Le hic, bien sûr, c'est qu'après son départ il faudra payer cher pour recoller les multiples pots cassés qu'il aura laissés derrière lui. Mais rien n'est jamais vraiment gratuit dans la vie, et comme dit le Renard au Corbeau, «cette leçon vaut bien un fromage sans doute»...

21 août 2014

Futur, présent, passé...

En relisant et révisant le texte du blogue du tour du monde pour une éventuelle publication en journal de voyage, je constate un curieux phénomène: l'écriture sous cette forme inverse le cours du temps.
En effet, au moment où j'écrivais, les premiers chapitres étaient presque entièrement consacrés au futur: intentions, projet, préparatifs, attentes... La suite, rendus à San Francisco et surtout une fois en mer, était étroitement centrée sur le présent: visites, rencontres, incidents, impressions «à chaud». Et la dernière partie, depuis Singapour mais surtout après Jérusalem, regardait de plus en plus souvent vers le passé: rappel de séjours antérieurs, souvenirs, comparaisons avec de précédentes étapes, enfin réflexions sur ce que nous avions vécu, ce qui nous avait frappés, les gens et les lieux que nous avions aimés.
Alors qu'en parcourant le texte pour le retravailler ici et là, le temps reprend son cours normal: je commence par plonger dans le passé le plus lointain (en résistant à l'inévitable tentation de réarranger les évènements à la lumière de ce que j'ai su ou perçu par la suite). À mesure que j'avance, je pense de plus en plus en mode «présent». Avec pour finir un regard involontaire sur l'avenir: quelle forme le bouquin va prendre, comment d'éventuels lecteurs vont réagir, ce que nous pourrons donner comme suite à cette expérience unique (pour nous, du moins). 
C'est le cas en particulier pour les illustrations. En cours de route, j'ai pris quelques centaines de photos et, parallèlement, j'ai fait en direct ou de mémoire une quinzaine de dessins et esquisses plus ou moins réussis, et cinq ou six tableaux plus achevés à l'acrylique... dont je n'ai rien mis sur le blogue, en partie par paresse, mais principalement pour des raisons techniques d'accès Internet lent ou intermittent. Seuls les copains qui me suivaient via Facebook en auront eu un aperçu de temps à autre.
Mais en regardant tout ça après coup, je constate que comparé au texte et à mes souvenirs, il y a plein de trous visuels. Parfois les photos sont ratées ou ne traduisent pas adéquatement l'impression que j'avais gardée, parfois je n'ai aucune image ou presque... c'est d'ailleurs surtout le cas pour certains des moments qui nous ont le plus marqués: j'avais tendance à négliger ou même à oublier l'appareil, dans le plaisir de vivre pleinement l'expérience dans l'immédiat.
La solution, c'est sans doute de compléter par une quinzaine ou une vingtaine de nouveaux dessins et tableaux, réalisés principalement de mémoire ou à partir d'images trouvées ici et là — guides de voyage, documents, Internet. Mais en aurai-je le courage et la motivation? Pas si sûr...

09 août 2014

Marcel Proust dans le Bas du Fleuve?

Ce matin, à mon premier vrai déjeuner québécois depuis le retour de Paris, je suis tombé sur «ma» madeleine de Proust. En plein devant le Stade Olympique, au coin de Sherbrooke Est et de l'Assomption! 
Je me suis fait un grand bol de céréales semé de framboises, parfumé de sirop d'ėrable et arrosé de lait entier... et dès que j'ai mis la première cuillerée dans ma bouche, le mélange des goûts, des effluves et des textures m'a transporté enfant devant la rade de Trois-Pistoles à marée basse, barrée par le «quai d'en-dedans» tel qu'on le voyait alors de la galerie de notre chalet: une masse de bois détrempé verdi par les algues et argenté par le soleil et le sel, flanqué par des échelles aux barreaux de fer rouillé, couronné de madriers et de bittes d'amarrage sang-de-boeuf et d'une cabane orange coiffée d'un toit de bardeaux sombres et de la lanterne bicolore qui servait de phare secondaire. Échoués sur la batture de sable et de boue grise et noire au parfum âcre entre le quai et les brisants d'ardoise de la rive qui nous servaient de terrain de jeux, je voyais avec une totale acuité le petit voilier vert sombre et blanc du juge Gagné, notre verchères de cèdre émeraude et crème, le rondelet gris et brun Provencher à moteur diésel de «Charlette» Morency et une ou deux chaloupes de pêche et de chasse au loup-marin appartenant à des familles d'«en-haut de la côte». Plus loin, de «vagues rochers» arrondis, sans doute semblables à ceux du Plat Pays de Brel, semblaient errer entre la côte et les Îlets Leclerc au loin comme des troupeaux de moutons maritimes, cachant sous leurs manteaux de pustules de varechs brunâtres aux remugles iodés des grappes de belles grosses moules luisantes dont nous irions tout-à-l'heure remplir nos paniers pour un festin du midi mitonné dans une grande marmite gris-bleu sur l'énorme poêle à bois L'Islet ronflant et crépitant, chromé et émaillé.
Les framboises du déjeuner ne venaient plus du supermarché: mon frère Antoine et moi les avions cueillies, sauvages et poussiéreuses mais chargées de saveurs et d'odeurs un peu aigres, aux arbustes épineux qui bordaient le trottoir de planche descendant de la petite maison vieillotte à la grille grinçante qui nous séparait de la route de terre où passaient les lourds et grondants camions de bois de pulpe faisant le constant va-et-vient entre les goélettes qui se succédaient au «quai du large», les »cours à bois» qui entouraient le village et les hameaux forestiers sur le chemin de Squatec, »dans les terres».
Souvenir de goélette
Le sirop d'érable n'en était pas vraiment: c'étaient des copeaux dorés que papa raclait au besoin le matin avec un ancestral couteau de cuisine depuis le gros pain de sucre d'érable, dur comme du bois et sombre comme une peau d'ours, qu'il achetait au début de chaque été de la fermière qui nous fournissait aussi fruits et légumes pendant toute la saison. Quant au lait, il n'avait pas été versé pasteurisé, homogénéisé et glacé d'un carton plastifié, mais presque tiède d'une des pintes de vitre dont le laitier D'Amours, qui faisait encore sa ronde en voiture à cheval, remplaçait à chaque aurore les vides déposées le soir sur le pas de la porte par des pleines de lait entier cru, dont maman décantait soigneusement le collet de crème légère qu'elle conservait pour accompagner le café.
Au-dessus de nos têtes tournoyaient, sans trève et sans autre raison possible que le plaisir de jouer dans le vent que retroussait la montagne boisée derrière la maison, des bandes de goélands argentés dont les criailleries plaintives faisaient un étonnant contrepoint au vacarme impossiblement musical, comme d'un orchestre de xylophones devenus fous, des cordes de billots d'épinette et de sapin que les camions déchargeaient constamment là-bas dans les cales de bois franc des goélettes, avec un poudroiement odorant et lumineux d'écailles de résine séchée qui se mêlait de manière indissoluble à la poussière blanchâtre et irritante de la route et aux puissantes senteurs salines des battures à découvert.
Petit à petit, cette vérité prenante et enveloppante de la «madeleine» s'est dissipée, et je me suis réveillé dans l'irréalité de l'aube montréalaise, prisonnier des effets de l'âge et du décalage horaire.

16 juillet 2014

Un dernier bout de Languedoc

Mentalement, nous avons déjà un pied à Montréal, même s'il nous reste une douzaine de jours à faire en France.
Les trois dernières semaines ont été plutôt paresseuses, la température alternant entre une dure canicule (36 à l'ombre pendant quatre jours) et un frais automnal (à peine 20 degrés venteux le jour, 12-14 la nuit), ce qui a sapé nos énergies.
Donc bien des heures de «couch potato» devant la télé, partagées entre un fascinant tennis de Wimbledon, plein de surprises et de très bons matchs, et un Mundial de football brésilien dont la phase préliminaire aura finalement été bien plus passionnante que les éliminatoires et la finale!
S'y ajoute ces jours-ci un chaotique début de Tour de France à vélo avec des étapes féroces (Flandres, Vosges, Alsace) courues dans un temps de cochon qui a causé une kyrielle d'accidents et forcé l'abandon de plusieurs vedettes, dont les deux récents vainqueurs Froome et Contador! Mais ce qui nous retient devant l'écran, au fond, ce sont les merveilleux paysages des régions françaises qui défilent vues des airs au hasard de chaque étape...

J'en ai aussi profité pour me remettre au dessin et à la peinture. Cette fois, c'est l'aquarelle qui m'intéresse et après plusieurs exercices d'école sans intérêt, j'ai réussi ce souvenir de Venise sous la pluie qui rend assez bien l'atmosphère particulière du temps et du lieu...

Entre-temps, la météo à Montpellier s'est réalignée sur la saison, nous incitant à mettre plus souvent le nez dehors. Mardi dernier, cela a donné une belle virée dans l'arrière-pays à Aniane, où le vieux copain Jean-Pierre Dréan nous a fêtés au champagne, au rosé-pays et à une savoureuse cuisine maghrébine — fournie par une boulangère-traiteur voisine — sur la terrasse de son nouvel appartement qui jouit d'une vue splendide sur les garrigues environnantes.
Jean-Pierre se porte pas trop mal, mais il a vieilli et ne se déplace plus qu'avec grande difficulté. Heureusement, ses voisines Monique Coste et sa fille Marine l'ont adopté et le chouchoutent avec assiduité. Ça lui permet d'avoir toujours la même joviale faconde et un admirable plaisir de vivre... incluant quelques excès!
Vendredi soir, autre sortie impromptue, aux Estivales. C'est une foire vespérale que Montpellier tient toutes les fins de semaine d'été le long de l'Esplanade qui prolonge la Place de la Comédie. L'allée menant à l'Opéra-Corum est bordée de kiosques offrant de l'artisanat, des produits fermiers, des dégustations de boissons et de nourritures du pays.
On achète des coupons donnant droit à trois verres de blanc, rosé ou rouge de faugères, corbières ou autre pic-saint-loup pour cinq euros, on passe à un des nombreux comptoirs proposant des plats cuisinés, des quiches et tielles (tourtes à la pieuvre, délicieuses) ou des fruits de mer de l'étang de Thau (plateau garni de 12 belles huîtres, 10 grosses crevettes et 12 bulots pour 20 euros) qu'on va s'asseoir pour déguster devant un des trois orchestres jouant en plein air — avec plus de verve que d'harmonie! — de la salsa, de l'occitan ou du rock.
Autour de nous, des bandes de jeunes, des couples de retraités comme nous, des familles avec gamins courant partout et bébé dans une poussette s'attardent sur les parterres et les margelles des fontaines, jusqu'à bientôt minuit. Aucune difficulté à trouver des amateurs pour terminer le plateau de mollusques dont nous avons mangé à peine plus de la moitié!
La veille, j'avais lunché dans un sympathique bistrot-terrasse, La Suite, au milieu de l'enfilade de places simili-antiques du quartier Antigone. La sole meunière (à 9,50 € !) était si réussie que j'ai voulu en ramener une à Azur, restée à la maison. La patronne m'a gentiment prêté une assiette avec promesse de la rapporter dans les jours suivants.
C'est ce que nous avons fait hier midi, nous attablant par la même occasion à l'ombre de la marquise en bordure de la place pour déguster des muscats, suivis d'une planche de charcuteries, d'une assiette de la mer et d'une goûteuse salade de gésiers de canard avec un rosé du pic-saint-loup étonnamment profond.
Et comme nous n'avions pas envie de rentrer, nous avons hélé un taxi en maraude pour une balade improvisée à Villeneuve-les-Maguelone, dont nous n'avons pu apercevoir que de loin la fameuse cathédrale en ruines, puis dans le typique paysage languedocien qui longe d'un côté les étangs salés bordant la Méditerranée et de l'autre les premières vagues de roc gris et ocre touffé de vert sombre des garrigues, jusqu'au vieux bourg partiellement fortifié de Frontignan, une des capitales du muscat.
Nous en avons ramené (en doutiez-vous?) deux muscats doux, un blanc sec, un rosé pétillant et un marc de muscat. Autre dégustation en perspective.
D'ici une semaine, on doit venir installer l'astucieux siège élévateur de bain dont Azur rêvait depuis des mois. Sitôt cela fait, ce sera le TGV pour Paris et Roissy, avec (la santé le permettant) des arrêts à Nîmes pour embrasser les Savonet puis à Montélimar pour taquiner les Euvrard dans leur terrier ardéchois.

Pendant ce temps, en Martinique, le Bum chromé va prendre le large sans nous pour suivre les péripéties du Tour des yôles à la voile. Il va également repartir fin décembre pour une douzaine de jours en mer avec une famille de vacanciers. Espérons qu'il reviendra en bon état pour nous accueillir à notre tour quelque part en février.

22 juin 2014

Folie de jeunesse?

Hier soir, c'était la Fête de la Musique, diffusée directement par France 2 depuis une immense scène déployée au bout de la Place de la Comédie de Montpellier. De quoi nous inspirer un brin de folie... et nous faire oublier pour quelques heures que nous sommes vieux.
En conséquence, nous sommes partis comme des jeunes vers 19h par le tram bleu pour aller souper en ville. Négligeant la probabilité ou plutôt la certitude que la circulation tout autour de la place serait interrompue pour la soirée, y compris celle des tramways. Il a donc fallu rester à bord pour contourner le centre et descendre à l'autre bout, du côté des Beaux-Arts; de là, remonter à pied une interminable rue aux pavés inégaux à travers les vieux quartiers, bouillonnants de jeunes et d'orchestres en train de s'installer sur des dizaines de scènes extérieures, jusqu'à la petite Place Pétrarque. 
Là se trouve un de nos lieux de fête favoris, La Diligence, qui abrite sa gastronomie et sa remarquable collection de scotchs single-malt sous de fabuleuses voûtes gothiques de pierre dorée du 14e siècle et dans une cour intérieure ceinturée de trois résidences moyenâgeuses aux fenêtres géminées et aux arches drapées d'ombres mystérieuses. À mon avis le plus beau restaurant de Montpellier et un des plus beaux de France.
Installés sur des fauteuils de velours cramoisi autour d'une belle table ronde blanche et scintillante, ragaillardis par la présence de voisins italiens extravertis et gourmands, nous avons fait honneur d'abord à un muscat de st-jean de minervois et à un Balvenie single-barrel. Ont suivi une étonnante charlotte rouge et blanche au foie gras pressé et une tielle sétoise à la seiche, puis un filet de pagre poêlé au mélange de petits légumes et petits fruits et un carré d'agneau désossé enrobé d'anis, arrosés d'un pic-st-loup 2009 rouge, léger mais savoureux. Et pour compléter, un moëlleux au chocolat et un très bon plateau de roquefort-munster-brie.
Ce qui nous a mis en excellente forme pour redescendre la rue de la Loge à travers une foule festive jusqu'à une Comédie déja bondée de monde. Par chance, nous avons déniché deux «places assises» les pieds pendants le long d'un des quais de la station de tram hors service. Partout autour des familles entières, plusieurs avec des bébés dans les bras ou dans une poussette, et des bandes de copains et copines se déchaînant sur les rythmes tonitruants projetés par la scène à l'autre bout.
Disons que la musique n'était pas tout à fait dans nos goûts. La preuve, d'une dizaine de «vedettes nationales et internationales» présentées en fanfare par l'animateur Patrick Sébastien, pas un nom que nous connaissions sauf Yannick Noah, l'ancien tennisman devenu star du rock. Ça n'a pas empêché l'irrépressible Azur d'y aller de son numéro de danse tantôt avec un père de famille trentenaire rigolard, tantôt avec un jeune punk médusé...
Nous avons tout de même tenu le coup jusqu'à pas loin de minuit, avant de descendre le boul. Victor-Hugo vers la médiévale Tour de la Babote transformée en délirante disco. De là, un tram (version vieil or cette fois) nous a ramenés jusqu'au portillon de la résidence, serpentant à travers des quartiers en liesse dont les pavés résonnaient comme une seule gigantesque grosse caisse frappée par des centaines de maillets échevelés. Fête de la Musique ou fête tout court? Peu importe.
Le mois dernier s'est passé ultra paisiblement, sauf pour une sortie avec le voisin du dessous et des reprises de contact avec les copains français. Nous avons eu un gros moment d'inquiétude en constatant que le téléphone du vieil ami Dréan ne répondait plus — c'est rarement bon signe à nos âges, surtout que lui avait déjà été gravement malade deux fois depuis quelques années. Heureusement, son voisin chanteur de charme Roland Bertier nous a rassurés: Jean-Pierre a bien été de nouveau opéré, et il a dû déménager dans une résidence mieux adaptée à son état, mais il est toujours là. Nous irons le voir à Aniane avant de reprendre le chemin de Montréal d'ici quelques semaines.
Pour le reste, la bohème Marine des Savonet est rentrée en bon état de ses six mois de stage de peinture et dessin au nord du Vietnam (nous avons failli la rencontrer en mars lors de notre passage en croisière à la Baie d'Along); les Euvrard sont à Paris en attendant leur migration annuelle à la maison qu'ils partagent avec leur fils jazzman en Ardèche, Janine récupérant de son fascinant mais dur voyage en Palestine en avril.
Nous avons fait refaire le carrelage et le plafond de notre terrasse par un jovial et compétent artisan tunisien, qui nous a de plus fait cadeau d'un joli ensemble à salade berbère en forme de main de Fatma. Les tuiles plus claires donnent au balcon un véritable bain de jouvence. De quoi tenter même Azur d'aller s'y prélasser...
Enfin Raymond Marie, de Martinique, nous signale que le Bum chromé est en excellent état et sera loué par un client «corporate» pour la semaine du Tour des Yôles fin juillet. Sa femme Ginette — tout comme notre cousin Daniel — a attrappé la chikungunya, dont une épidémie douloureuse mais pas trop dangereuse (transportée par des moustiques vicieux) sévit aux Antilles... et vient de déborder vers la France.
On va essayer de filer d'ici avant de se faire piquer!