(15/11/2006 - long entracte québéco-montpelliérain, sur lequel il n'y a rien à raconter)
08 janvier 2007
Ayamonte et Mazagon
(2/08/2006) Barbate aura été une des rares déceptions du voyage. Le somnolent village sardinier d'antan s'est mué en une grouillante marina à la mode, bien équipée mais tapageuse et sans personnalité particulière. Nous y avons passé la soirée au balcon du Yacht Club (plutôt sympa tout de même), pour en repartir à la première heure le matin suivant.
Retour vers Huelva, que nous dépassons pour mettre l'ancre vers une des plus charmantes surprises de toute l'expédition, la petite ville frontière d'Ayamonte, où la marina se trouve en plein coeur d'un bourg à la fois vivant, relax, typique et accueillant! Bonnes petites bouffes -- en particulier les freiduras
(morceaux de poissons et de fruits de mer légèrement frits), et acquisition d'un fabuleux "pata negra" de Jabugo, village voisin célèbre pour ce produit qui se définit modestement comme "le meilleur jambon du monde", sans que personne d'ailleurs n'ose trop protester, même à Bayonne et à Parme.
Nous décidons de laisser le Bum en gardiennage à Mazagon jusqu'à notre retour en novembre: la Grande-Motte était bien tentante, mais ça voulait dire une semaine de plus pour s'y rendre, et surtout une autre semaine pour revenir au point de départ à l'automne, avant de se mettre en route vers les Canaries et les Antilles. D'autant plus qu'avec Pepe de la Luz en charge de la surveillance, rien à craindre, hein?
Retour vers Huelva, que nous dépassons pour mettre l'ancre vers une des plus charmantes surprises de toute l'expédition, la petite ville frontière d'Ayamonte, où la marina se trouve en plein coeur d'un bourg à la fois vivant, relax, typique et accueillant! Bonnes petites bouffes -- en particulier les freiduras
(morceaux de poissons et de fruits de mer légèrement frits), et acquisition d'un fabuleux "pata negra" de Jabugo, village voisin célèbre pour ce produit qui se définit modestement comme "le meilleur jambon du monde", sans que personne d'ailleurs n'ose trop protester, même à Bayonne et à Parme.Nous décidons de laisser le Bum en gardiennage à Mazagon jusqu'à notre retour en novembre: la Grande-Motte était bien tentante, mais ça voulait dire une semaine de plus pour s'y rendre, et surtout une autre semaine pour revenir au point de départ à l'automne, avant de se mettre en route vers les Canaries et les Antilles. D'autant plus qu'avec Pepe de la Luz en charge de la surveillance, rien à craindre, hein?
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Séville et Cordoue

(29 juillet 2006) Après ce court entracte, ô combien poétique, reprenons le fil de notre récit:
Une capricieuse et exiguë SEAT de location nous a d'abord menés "près des remparts de Sévi-i-i-i-ille..." (air archi-connu) dans une chaleur digne de Carmen en personne: 42° à l'ombre -- et on ne parle même pas du soleil. Nous avons quand même arpenté l'immense cathédrale, salué le tombeau de Colomb, où il est fort douteux que Christophe se soit jamais trouvé en personne, et admiré le retable d'or de la chapelle royale. En soirée, les ardeurs du jour s'étant quelque peu calmées, agréable tour de ville en calèche avec, ô miracle, un cocher parlant français, discret et peu loquace. Au lunch, je n'avais pu résister à l'envie de m'offrir (littéralement à prix d'or, mais ça en valait le coup) des angulas (alevins d'anguilles) du Guadalquivir sautées à l'ail et dégustées, tradition oblige, dans une terrine de grès avec une fourchette de bois.
Le lendemain, nos co-équipiers Gérard et Marc nous ayant quittés pour retourner s'occuper du bateau, nous avons mis le cap, avec Charles au volant, vers Cordoue; c'est là que nous avons découvert que le soleil de Séville n'était qu'un modeste préambule. Sans le moindre effort, l'ombre de Cord
oue faisait grimper le thermomètre à 46°! Heureusement, l'hôtel Alfaros était bien climatisé, agréablement décoré et doté d'un bar accueillant. Et ce n'est que le jour suivant que nous avons vécu l'émerveillement de la mosquée-cathédrale, dont je rêvais depuis mes études d'architecture il y a plus de 40 ans.Ne vous attendez pas à des descriptions ni à des images (celle qui est là a été piquée sur le Web): nous n'avons ni filmé ni photographié, nous contentant d'admirer et surtout de nous imprégner de l'esprit d'un lieu absolument unique. "Vaut le voyage", comme dit M. Michelin.
Enfin, retour à Huelva par le chemin des écoliers, celui qui traverse l'Andalousie profonde par de petites routes sinueuses derrière des tracteurs poussifs et des camions brinquebalants. Le bonheur total. A Puente Genil, nous avons voulu déjeûner à la Casa Pedro (comment résister à ce nom, évocateur de notre joyeuse jeunesse montréalaise?), mais elle était fermée à l'heure du lunch -- évidemment. Il a fallu nous contenter de son voisin El Poncho, où un patron sympa nous a servi des plats inédits concoctés par madame, notamment une savoureuse et imprévue empilade sur toasts de poivrons sautés, escalope de veau grillée et jambon fumé!
Charles nous a quittés le lendemain matin pour rentrer en Martinique. Par ailleurs, les petits travaux sur le Bum étant terminés (et le trouble de moteur bien moins menaçant qu'il ne paraissait au départ), nous repartons en mer demain vers Barbate (ex-de Franco) où, il y a quelque 25 ans, nous avions passé un merveilleux mois de vacances. Espérons que ce vieux village de pêche n'a pas trop changé...
De Lisbonne à Pepe de la Luz
(26 juillet 2006) Et la saga du Bum chromé se poursuit.
A la fin du dernier épisode, nos intrépides héros se retrouvaient en rade de Cascais, près de Lisbonne, où Marie et Jean décidaient de quitter le bord, cédant aux charmes cachés du Portugal.
Le Bum chromé devait ensuite reprendre la mer pour Portimao, Algarve, dont j'avais gardé un souvenir impérissable lors de ma première et unique visite, en 1984, en compagnie de mon cousin Claude Aubin et du grand syndicaliste et écrivain Pierre Vadeboncoeur.
Mais le sort et les vents -- ou plutôt leur absence -- en ont décidé autrement: notre valeureux cata a dû poursuivre sa route en pout-poutant tant bien que mal jusqu'à Huelva (Andalousie, tout près de Palos d'où était parti Christophe Colomb), dans le voisinage de laquelle se trouve une base du constructeur de notre nef, Lagoon. Comme les mécaniciens et autres spécialistes nous ont annoncé qu'ils en avaient pour au moins quatre ou cinq jours à lui fouiller les entrailles, il a été décidé d'explorer les régions environnantes.
------------------
Dans l'intervalle, en l'honneur du plus vaillant de nos travailleurs de la marina de Mazagon, près de Huelva, nous avons écrit:
La grande complainte de Pepe de la Luz
(à chanter sur un air de flamenco)
Qui c'est qui traîne sur le tas
On croit qu'il trime comme douze
Mais y'a jamais de résultat?
Pepe de la Luz, Pepe de la Luz
C'est notre ami de Mazagon
L'Andalou dont le nom résonne
Pepe de la Luz
Qui promet de venir à temps
À midi à l'heure andalouse:
Demain soir encore on l'attend!
Pepe de la Luz, Pepe de la Luz
C'est notre ami de Mazagon
L'Andalou dont le nom résonne
Pepe de la Luz
Qui grimpe au mât comme un héros,
Mais redescend sitôt qu'ça bouge
En disant: "Tout va bien là-haut!"
Pepe de la Luz, Pepe de la Luz
C'est notre ami de Mazagon
L'Andalou dont le nom résonne
Pepe de la Luz
Qui zyeute les filles sur la plage
Mais faut pas penser qu'il les "cruise":
Il a peur de se mettre en nage!
Pepe de la Luz, Pepe de la Luz
C'est notre ami de Mazagon
L'Andalou dont le nom résonne
Pepe de la Luz
Qui a fait tous les océans
Comme Monsieur de la Pérouse?
Chut! Il repose maintenant...
Pepe de la Luz, Pepe de la Luz
C'est notre ami de Mazagon
L'Andalou dont le nom résonne
Pepe de la Luz
Qui donc, quand il trépassera
Bien enterré sous sa pelouse,
Personne ne s'en apercevra?
Pepe de la Luz, Pepe de la Luz
C'est notre ami de Mazagon
L'Andalou dont le nom résonne
Pepe de la Luz
Pepe de la Luz
Pepe de la Luz
A la fin du dernier épisode, nos intrépides héros se retrouvaient en rade de Cascais, près de Lisbonne, où Marie et Jean décidaient de quitter le bord, cédant aux charmes cachés du Portugal.
Le Bum chromé devait ensuite reprendre la mer pour Portimao, Algarve, dont j'avais gardé un souvenir impérissable lors de ma première et unique visite, en 1984, en compagnie de mon cousin Claude Aubin et du grand syndicaliste et écrivain Pierre Vadeboncoeur.
Mais le sort et les vents -- ou plutôt leur absence -- en ont décidé autrement: notre valeureux cata a dû poursuivre sa route en pout-poutant tant bien que mal jusqu'à Huelva (Andalousie, tout près de Palos d'où était parti Christophe Colomb), dans le voisinage de laquelle se trouve une base du constructeur de notre nef, Lagoon. Comme les mécaniciens et autres spécialistes nous ont annoncé qu'ils en avaient pour au moins quatre ou cinq jours à lui fouiller les entrailles, il a été décidé d'explorer les régions environnantes.
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Dans l'intervalle, en l'honneur du plus vaillant de nos travailleurs de la marina de Mazagon, près de Huelva, nous avons écrit:
La grande complainte de Pepe de la Luz
(à chanter sur un air de flamenco)
Qui c'est qui traîne sur le tas
On croit qu'il trime comme douze
Mais y'a jamais de résultat?
Pepe de la Luz, Pepe de la Luz
C'est notre ami de Mazagon
L'Andalou dont le nom résonne
Pepe de la Luz
Qui promet de venir à temps
À midi à l'heure andalouse:
Demain soir encore on l'attend!
Pepe de la Luz, Pepe de la Luz
C'est notre ami de Mazagon
L'Andalou dont le nom résonne
Pepe de la Luz
Qui grimpe au mât comme un héros,
Mais redescend sitôt qu'ça bouge
En disant: "Tout va bien là-haut!"
Pepe de la Luz, Pepe de la Luz
C'est notre ami de Mazagon
L'Andalou dont le nom résonne
Pepe de la Luz
Qui zyeute les filles sur la plage
Mais faut pas penser qu'il les "cruise":
Il a peur de se mettre en nage!
Pepe de la Luz, Pepe de la Luz
C'est notre ami de Mazagon
L'Andalou dont le nom résonne
Pepe de la Luz
Qui a fait tous les océans
Comme Monsieur de la Pérouse?
Chut! Il repose maintenant...
Pepe de la Luz, Pepe de la Luz
C'est notre ami de Mazagon
L'Andalou dont le nom résonne
Pepe de la Luz
Qui donc, quand il trépassera
Bien enterré sous sa pelouse,
Personne ne s'en apercevra?
Pepe de la Luz, Pepe de la Luz
C'est notre ami de Mazagon
L'Andalou dont le nom résonne
Pepe de la Luz
Pepe de la Luz
Pepe de la Luz
Lisbonne et Cascais

(20 juillet 2006) Comme on nous a avertis que la saison des tempêtes commence maintenant tôt dans la zone des alizés (grand merci à George W. et au réchauffement de la planète), plus question de traverser l'Atlantique cet été. Il va falloir nous résoudre à traîner dans des coins aussi désagréables que Séville, Cadix, Valence, Minorque ou Barcelone -- on va quand même essayer d'éviter Drummondville et Saint-Ouen, y'a une limite à tout! Avec possible remisage du "Bum chromé" soit en Andalousie, soit du côté de Sète ou la Grande Motte (because proximité de notre petit home de Montpellier) jusqu'en novembre. La désolation totale, quoi.
Et comme si ça ne suffisait pas, nous perdons nos passagers. Après Daniel à Brest, Marie et Jean, coincés entre la nécessité de rentrer un jour à Montréal (fin de vacances) et l'emprise des charmes du Portugal, nous quittent à Cascais mais continuent à vagabonder dans le pays pendant 5-6 jours. Et le dernier survivant, Charles Larcher, rentrera en Martinique depuis Huelva la semaine prochaine.
Hier soir, on a dignement (et quelque peu bruyamment) fêté la réussite au bacc français de la fille de notre matelot Marco. Au lieu de gueuler, notre Anglais de voisin (capitaine d'un "Grand Banks" trimoteur de 1973 requinqué) est venu trinquer, et les Robinsons Suisses d'en face (habitants d'un voilier monocoque de 41 pieds gréé spécialement pour le tour du monde) se sont joints à nous, contribuant une bouteille... de rhum martiniquais: Rafi, Cathi (tous deux médecins du Valais), leur fils de 17 ans et leur fille de 15 ans. Ce qui avait débuté au champagne et au "cava" catalan s'est terminé au planteur antillais et au conhac portugais. Heureusement, le mal de tête de ce matin s'est dissipé avant que je me remette à écrire.
J'ai aussi fait la conaissance (trop rapide, hélas) d'un duo de pick-pockets lisboètes qui, dans un tramway brinqueballant et plutôt surchargé d'Alfama, m'ont soulagé d'un portefeuille bien trop lourd. Ils me l'ont rendu, par l'intermédiaire d'une boîte à lettres et de l'escouade "tourisme" de la police locale, allégé d'une centaine d'euros et de trois cartes de crédit (dont ils n'ont pas réussi à profiter), mais toujours rempli des clés du bateau, de mes papiers d'identité et de mon carnet d'adresses. Comme quoi les voleurs portugais sont habiles, peu astucieux et civilisés à la fois. Je dois donc attendre ici des cartes de remplacement pour que nous puissions reprendre la mer, mais ça aurait pu être bien pire.
Et puis après, comme disait je ne sais plus qui de célèbre, tant qu'on a la santé...
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