24 août 2026

Les "beaux" dimanches?

J'allais sortir souper, mais j'ai changé d'idée. D'abord, parce qu'à l'issue d'un débat sur l'éthique de l'IA avec mon interlocuteur artificiel Claude (abonnement Anthropic Sonnet 5 avancé), j'ai senti le besoin absurde de lui préciser en quoi nos points de vue divergent fondamentalement: je vis dans la "vraie vie" d'un quartier populaire pluriculturel plutôt jeune et d'une tour d'habitation pour "retraités actifs", lui dans un gigantesque "data center" qui lui donne accès à une multitude de sources documentaires infiniment supérieures aux miennes, mais qui est totalement isolé de l'expérience du quotidien. Ce qui à mon avis est plutôt une bonne chose, puisque nos inévitables désaccords sont dus non à des idées préconçues, mais à deux façons distinctes et en grande partie complémentaires de percevoir et d'évaluer la réalité – à la condition bien sûr qu'il ne se pense pas plus fin que moi! Je dirais que son approche est plutôt aristotélicienne ou thomiste, la mienne socratique...

Deuxièmement,  une géniale et morne vidéo déposée sur Facebook par mon ami peintre Gilles Boisvert (vagues déferlantes sur une mer grise face à un champ de fleurs sauvages agitées par le vent, sans doute dans le Golfe Saint-Laurent), me replonge en esprit dans un paysage semblable de mon enfance à Trois-Pistoles: vue du quai un jour de grand vent de nordêt à la fin de l'été. Non seulement je vois, mais j'entends dans ma tête le bruissement rythmique des lames se brisant sur les cailloux de la plage en contre-bas, mon nez se délecte du mélange fantômatique d'effluves d'iode, de fumet de varech, de parfums de végétation. Irrésistible.

Troisièmement, au lieu d'un repas gastronomique en ville, l'envie saugrenue m'a pris d'une assiette de viandes froides (dont un reste de poitrine de Piri-Piri portugais – moi qui déteste le blanc de poulet!) accompagnées d'une salade mayo et de languettes de fromage fort. Heureusement qu'il y a un verre d'un fabuleux Graham's vintage 2010 pour faire passer tout ça!

Et dire que je vais me réveiller... lundi matin! 

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